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This symposium, co-organized by the Royal Canadian Academy of Arts (RCA) and Ottawa Art Gallery (OAG), was conceived to celebrate some progressive strains of ‘art’ and ‘architecture’, as difficult as they might be to locate. The RCA is likely Canada’s oldest continuously-operating artist-run organization. It was established in 1880, and now comprises nearly 800 members in an array of disciplines. Host OAG’s stunning new cultural laboratory is a suitable venue for today’s experiment in free speech with its admirable proximity to the numerous artist-run organizations of Arts Court.

So what means ‘passages/passages’? Both noun and verb, in English, and noun in French, a passage might be a slogan, like “In the future, everyone will be world-famous for fifteen minutes” … “Everyone is an artist” … or “Keep calm and decolonize,” memorably attributed to Andy Warhol, Joseph Beuys, and Buffy Sainte-Marie, respectively. An orchestral passage could conceivably be a segment of the four minutes and thirty-three seconds of ambient audience sound … by which John Cage has challenged listeners since 1952. Passages also describe journeys by sea such as those taken by hundreds of thousands of misguided settlers when they sailed from France, Great Britain and Ireland en route to regretfully colonize this Algonquin territory. In French, the word ‘passages’ evokes the eighteenth- and nineteenth-century glass-roofed arcades of Paris that so informed the philosopher and essayist Walter Benjamin’s Arcades Project. Passage’s variable rhetoric, derived from the Latin ‘passus, a unit of measurement equal to five paces of Roman feet, also roughly defines the distance between the four artists, one architect, and us others today.

In organizing this symposium, and inviting Rosalie Favell, Mitchell Hall, Gordon Monahan, Annie Thibault, and Jinny Yu, I’ve curated a slate of three women and two men that needs no introduction. They have each, in their own way, created complex and self-defining language. It’s a vastly different group of speakers from what one might conjure from the smoke-choked painting salons of the RCA’s mostly-male past … if one were permitted entry. The combined media on display today has emphatically moved beyond the easel—to architecture, literally, but also computer-controlled sound art, performance, musical composition, video, photography, bio art, multi-media installation, static and kinetic sculpture … and their wicked step-sister, graphic design.

As we morph from the consumer cult of collecting objects from the recent-to-distant past, by whatever means, long the repository of ‘the museum’, to a new incunabula of sound, colour, text and image on the internet, I am reminded of Brian Eno’s edict: “Stop thinking about art works as objects, and start thinking about them as triggers for experiences.” Hopefully today’s passage will be occupied with light.  –Robert Tombs, curator

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Ce colloque, organisé conjointement par l’Académie royale des arts du Canada (ARC) et la Galerie d’art d’Ottawa (GAO), a été conçu dans le but de célébrer certains courants progressifs en « architecture » et en « art », aussi difficiles fussent-ils à définir. L'ARC est sans doute l’organisme autogéré par des artistes le plus ancien au Canada. Établie en 1880, elle réunit aujourd’hui presque 800 membres issus d’une variété de disciplines. Par son admirable proximité avec les nombreux organismes artistiques autogérés de la Cour des arts, l’épatant nouveau laboratoire culturel de notre hôte, la GAO, se prête particulièrement bien à nos expérimentations d’aujourd’hui en liberté d’expression.

Que dire de passages/passages? Nom et verbe en anglais, nom en français, il peut être un slogan, comme « À l’avenir, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale », « Chacun(e) est artiste » ou « Restez calmes et décolonisez », phrases mémorablement et respectivement attribuées à Andy Warhol, Joseph Beuys et Buffy Sainte-Marie. Un passage orchestral pourrait bien être un segment de quatre minutes et trente-trois secondes de son ambiant émanant de la salle … auquel John Cage a confronté auditeurs et auditrices depuis 1952. Le mot passage décrit également une traversée en bateau telles que celles entreprises par des centaines de milliers de colons mal avisés quand ils ont quitté la France, la Grande-Bretagne et l’Irlande pour malheureusement coloniser ce territoire algonquin. En français, le mot passage évoque les galeries au toit de verre des 18e et 19e siècles à Paris qui ont inspiré le Livre des passages de Walter Benjamin. La rhétorique variable du mot passage, dérivé du latin passus, soit une unité de mesure égale à cinq pieds romains, définit aussi grosso modo la distance, aujourd’hui, entre quatre artistes, un architecte et nous autres.

En organisant ce colloque et en invitant Rosalie Favell, Mitchell Hall, Gordon Monahan, Annie Thibault et Jinny Yu, j’ai réuni un groupe de trois femmes et de deux hommes qui n’ont pas besoin d’introduction. Chacun et chacune ont construit, à leur façon, un langage complexe et autonome. Il s’agit d’un groupe de conférenciers fort différent de ce que peuvent évoquer les salons de peinture enfumés d’autrefois à l'ARC, presque entièrement masculins … à condition, bien sûr, d’y être admis. Les disciplines présentées aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec le chevalet : architecture, littéralement, mais aussi art sonore contrôlé par ordinateur, performance, composition musicale, vidéo, photographie, art bio, installation multimédia, sculpture statique et cinétique… et leur méchante demi-sœur, le design graphique.

Alors que nous passons du culte consumériste de la collection d’objets issus d’un passé récent ou éloigné, par quelque moyen que ce soit, dont le « musée » a longtemps été le dépositaire, à de nouveaux incunables de son, de couleur, de texte et d’image sur Internet, je me rappelle les mots de Brian Eno : « Cesse de penser l’œuvre d’art comme un objet, et commence à la penser comme un déclencheur d’expériences. » Espérons que le passage d’aujourd’hui sera occupé par la lumière.  –Robert Tombs, commissaire

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